Longtemps ignorée des collectionneurs de trains-jouets, totalement inconnue chez les modélistes ferroviaires, « FV » est, peut-être, la plus ancienne des marques de jouets français, et ses trains, notamment, ont été les plus répandus à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, elle est reconnue et accueillie dans les collections les plus réputées et les plus érudites dont la qualité reposait surtout sur la forte présence des trains « Märklin », « Bing » ou « Schoenner » d’avant 1914. On commence, dans les grandes ventes internationales, à identifier comme étant du « FV » des bateaux de guerre, des paquebots, ou aussi des automobiles mécaniques à circuit programmable que l’on attribuait jadis à des petites firmes artisanales allemandes d’avant l’époque « Graner » ou « Märklin ».

La marque « FV », fondée par les frères Edmond et Fernand Lefèvre, n’apparait d’une manière suivie qu’en 1876, mais ce n’est que la mention imprimée de la marque sur des catalogues de détaillants ou de grossistes. Dans les faits, la firme est bien plus ancienne puisque des dernières années 1870 ne sont que la période de l’apparition de la signature « FV » apposée aussi sur une production qui aurait peut-être été amorcée dès le milieu de la décennie des années 1850. Il est notoire que « FV » reçoit toute un série de prix dans des concours internationaux mondiaux à partir de 1861 (voir les pages du catalogue de 1889 en fin d’article), les deux initiales formant sa marque étant clairement mentionnés.
De regroupements en fusions (notamment avec la firme « DS » ou « Dessein », mais aussi avec « Faivre », ou encore avec la firme « Georges Potier »), c’est, en fin de compte, le « Jouet de Paris » (future « JEP» ) qui rachète « FV » et intègre à son propre catalogue en 1903 toute la production de la firme. Sur le grand catalogue de 1904 du « Jouet de Paris » (avec 250 pages format A4 quand même!) la « salle des ventes » du « Jouet de Paris » est située à une adresse qui n’est autre que celle de la firme « FV-DS » : le 15, Rue Gambey, à Paris. Toutefois « FV » reste indépendante à l’intérieur du groupe, conservant sa propre adresse, ses propres ateliers, ses propres gammes de jouets, son propre style.



« FV » ? La marque inconnue et même niée.
Ce fait de non reconnaissance, d’ailleurs, a longtemps entraîné, chez les collectionneurs courants, une pure négation de l’intégration « FV-DS » au « Jouet de Paris» , tandis que les jouets « JdP » à l’apparence typiquement « FV » ont longtemps été considérés, à tort, comme étant du « JdP ». Toutefois, une bonne connaissance des catalogues du Jouet de Paris permet de constater que, faute d’un début, il y a bien une fin apparente des activités « FV-DS » en tant que telles vers 1914 quand cesse d’apparaître, sur les catalogues du Jouet de Paris, la mention de l’adresse des ateliers « FV ».







Les chemins de fer dominent la gamme offerte par « FV » qui comprendra aussi des automobiles très Belle Epoque, et des attelages ou des bateaux. Ces trains se présentent aussi bien sous la forme de trains de plancher (à traîner directement sur un plancher) que de chemins de fer sur rails creux à ornière ou en saillie ou enfin de trains classiques à rails droits et courbes (dits sur « voie transformable »). Les chemins de fer à ornière cèdent peu à peu la place aux chemins de fer sur rails classiques à partir de 1900. On notera que les écartements de cette » voie transformable » sont de 33 mm, ou de 48 mm, ou d’un très rare 55 mm. Le « 0 », dit encore « voie de 35 mm » est inconnu chez FV, comme il l’est en France, et c’est bien le Jouet de Paris qui lance ses premiers trains en « 0 » en 1915, en pleine Première Guerre mondiale. <on pourrait se poser la question de savoir si, tout compte fait, l’écartement appelé « 0 » n’est pas une simple appellation de la voie de 33 mm mais, désormais, mesurée d’axe en axe des rails ?


Le métro, surtout.
Dans le monde des chemins de fer « FV », on connaît surtout le fameux « Métropolitain» en voie de 33 mm fait pour les magasins du Louvre entre 1906 et 1910. Il est vendu avec une motrice seule, ou avec une ou deux remorques supplémentaires, et avec ou sans station, personnages, et quais. Les magasins du Louvre, situés rue de Rivoli, semblent l’avoir commandé et en avoir eu l’exclusivité. Le métro réel, rappelons-le, est la grande nouveauté du début du XXe siècle avec l’ouverture de la ligne 1 pour l’Exposition Universelle de 1900.

Mais on connaît encore plus le train réf. 452 qui est moins rare, semble-t-il, que les autres trains « FV » : avec sa locomotive verte et orange, son tender «à boules» vert, et ses trois voitures orange, bleue et rouge, et son fourgon gris, ce train est devenu un classique de la collection « FV » actuelle. Avec un peu de chance on peut le dénicher avec sa gare rouge vif, ses signaux, quelques accessoires, un peu de voie. La grue roulante sur portique est très rare. On ne connaît que peu de wagons de marchandises comme un wagon couvert gris (souvent faisant figure de fourgon) des wagons plats, ou un tombereau dont une variante militaire transportant des obus produits chez « FV ». Ces wagons et accessoires sont encore, pour la plupart, sur le catalogue « Jouet de Paris » jusqu’en 1906.






La redécouverte de « FV »s’est faite depuis les années 2000 ou même 2010, avec la remise à la mode, dans les grandes ventes internationales, de marques de jouets très anciennes datant de la deuxième moitié du XIXe siècle comme « Caron », « Maltête & Parent », « Tantet & Manon», « Dessein », « Potier », etc. Dans les années 1990 on pouvait encore acheter, pour un prix dérisoire, du « FV », marque inconnue y compris chez les antiquaires des puces, dont il faut dire que, souvent, le très mauvais état, voire les manques, conduisait souvent à la pratique de prix tout aussi dérisoires. On pensait aussi que ces pauvres épaves étaient de fabrication allemande ancienne. L’absence ou la rareté de catalogues proprement FV aussi jouait contre la reconnaissance tardive de cette marque, pourtant déjà très prisée il y a longtemps, dès les années 1960-1970, par des collectionneurs pionniers comme Jac Remise, Jacques Perraud, Jean Chapotel, Marc Léger ou encore David Pressland au Royaume-Uni et ses livres, ou Aloïs Bommer en Suisse avec sa collection qui fut une des premières au monde avant sa dispersion, et surtout Paul Klein-Schiphorst aux Pays-bas, brillant auteur de livres magnifiques sur les jouets anciens d’avant 1914.. Le catalogue le plus connu et dument marqué « FV » est celui de 1890, mais on en découvrira sans doute d’autres dans les années à venir.











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