Il s’agit bien de faire ce tour en train, et, pour combler les lacunes ferroviaires, de prendre le bateau. Jules Verne (1828-1905), le grand auteur français (qui a aussi bercé l’enfance de l’auteur de ce site) a écrit son fabuleux roman « Le tour du monde en 80 jours » paru en 1872 chez l’éditeur Hetzel. Comme l’ensemble des romans de cet auteur, ce fut un succès immense, et qui fut adapté pour le cinéma des décennies plus tard, et même pour le théâtre.
Le résumé du chef-d’œuvre de Jules Verne.
Phileas Fogg est un gentleman riche vivant une vie de vieux garçon à Londres. Pour meubler ses longues journées, il est membre du « Reform Club » où il passe son temps à fumer des cigares et à lire la presse britannique. C’est un homme froid, précis, menant une vie très minutée qui lui vaut de mettre à la porte son domestique pour avoir apporté de l’eau de rasage à une température légèrement plus basse que désirée… Mais Fogg embauche un domestique, un Français, Jean Passepartout, présenté comme « débrouillard » (une des rares qualités reconnues par les Anglais à l’égard des Français), avec qui Fogg va vivre une aventure peu commune.
Un beau jour de 1872 (beau ? à Londres ? Hum…) Phileas Fogg lit le journal, comme d’habitude, dans un fauteuil de cuir « so british », et il apprend qu’il est possible d’accomplir le tour du monde en quatre-vingts jours, depuis qu’une nouvelle ligne de chemin de fer vient d’être mise en service en Inde. Voici le décompte exact fourni par le journal :
| Villes | Mode | Durée (jours) |
|---|---|---|
| Londres-Suez | Train et bateau | 7 |
| Suez-Bombay | Bateau | 13 |
| Bombay-Calcutta | Train et… éléphant | 3 |
| Calcutta-Hong-Kong | Bateau | 13 |
| Hong-Long-San Francisco | Bateau | 28 |
| San-Francisco-New-York | Train | 7 |
| New-York-Londres | Bateau | 9 |
| Total | 80 | |
Nous ne ferons qu’un commentaire : l’éléphant, à notre connaissance, n’a pas encore été utilisé comme mode de traction de secours par la SNCF.
Mais revenons à notre roman. Avec ses collègues du « Reform Club », Philéas Fogg fait le pari de ce tour du monde en quatre-vingts jours. Il mise toute sa fortune qu’il pourra alors soit doubler, soit perdre…
Il part, emmenant avec lui Jean Passepartout, quittant Londres à 20 h 45 le 2 octobre 1872, pariant pour un retour à son club au plus tard à la même heure, quatre-vingts jours après, soit le 21 décembre 1872 à 20 h 45, heure locale.
Comme pour les plus beaux voyages actuels, y compris en TGV ou en avion, une pluie d’emm… et de retards va corser l’aventure, et c’est autre chose qu’une « panne de clim » ou un vol de câbles actuels…
Dès le départ, la police se demande si Phileas Fogg est le fameux voleur qui vient de dévaliser la Banque d’Angleterre et lui « colle aux fesses » (le terme est de nous, pas de Verne) un inspecteur Fix qui ne cessera de le poursuivre dans tous les pays traversés. Les tempêtes, retards, attaques de train par les Indiens (aux USA, comme il se doit), le sauvetage d’une femme en danger qui fera partie ensuite du voyage, et même le ratage du paquebot pour la traversée de l’Atlantique s’accumulent : et, pour l’Atlantique, Fogg est obligé d’acheter un bateau dans le port. Fogg sera contraint, pour gagner de la vitesse, de brûler, dans la chaudière, tout ce qui est en bois sur le bateau pour forcer la marche à toute vapeur sur l’océan.
Dès que Fogg débarque en Angleterre, Fix parvient à l’arrêter, avant de le relâcher lorsqu’il découvre son erreur, le véritable voleur ayant été arrêté entre-temps. Ayant raté le train pour Londres, Fogg réquisitionne une locomotive et s’y fait conduire, debout sur la plateforme, mais y arrive cinq minutes trop tard. Pensant avoir perdu son pari, Phileas Fogg rentre chez lui, désormais ruiné. Le lendemain, il décide d’épouser la femme qu’il a sauvée pendant le voyage. C’est chez le prêtre, qui a au moins une bonne horloge et un calendrier à jour, que Passepartout se rend compte qu’ils ont en fait gagné vingt-quatre heures dans leur périple, en accumulant les décalages horaires. Voilà qui tombe à point nommé et ce qui fait qu’ils sont arrivés un jour en avance et qu’on est bien le 21 décembre. Fogg a donc gagné un pari, et une épouse.
Le tour du monde : possible en moins de 80 jours à différentes époques.




Alors, toujours possible, aujourd’hui ?
Oui, bien sûr, et surtout à recommander à ceux qui détestent l’avion, son entassement, son inconfort, et son absence totale de contact, pour le voyageur, avec le monde traversé. On pourrait dire, sans risque d’erreur, que rien n’a changé depuis longtemps : l’Afrique n’a pas de grand réseau international à l’échelle du continent, et le continent sud-américain, lui aussi, n’a guère changé depuis des décennies. Le tracé par l’hémisphère nord reste, malheureusement pour le passionnant hémisphère sud, le plus facile à mettre en œuvre. Mais, contrairement à l’époque de Phileas Fogg, un pari reposant sur la ponctualité reste très aléatoire… Les chemins de fer actuels restent très approximatifs sur le plan de la régularité, et, pour ce qui est du transport maritime, les grandes lignes régulières à travers les océans ont presque toutes disparu. C’est pratiquement perdu d’avance…
Petit album photographique de trains que Philéas Fogg aurait aimé prendre, mais n’a pas pu le faire.







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