Le bien connu « Pôle cinéma et tournages » de la SNCF (Direction Communication et Marque / Pôle Expérience de Marque) qui accompagne et facilite le travail des réalisateurs et des acteurs dans les magnifiques gares de France, ne manquera pas de travail, car le cinéma, même à son niveau le plus noble, continuera à tourner ses plus belles scènes dans les gares, et, d’une manière générale, le chemin de fer est toujours l’objet d’un immense engouement affectif et culturel. L’auteur de ce site n’oubliera jamais que le « Pôle cinéma et tournages » de la SNCF l’a envoyé travailler avec Martin Scorsese (Hugo Cabret) et Kenneth Branagh (Le crime de l’Orient-Express).
Parmi des centaines de films dits ferroviaires, ce film « Le pont de la rivière Kwaï » est très connu. Qui n’a pas sifflé, pendant les années 1960, le fameux air scandant la marche des prisonniers britanniques se rendant sur le chantier de construction de ce pont ferroviaire mythique entré dans la légende grâce au cinéma? « Hello ! Le soleil brille, brille, brille… ». La véritable histoire, qui a inspiré le roman de Pierre Boulle, fut certes bien moins joyeuse… et pas exactement celle contée par le film. Quant au pont du film, il ne ressemble vraiment pas du tout, mais pas du tout… au véritable pont sur la Kwaï.

Un tournage difficile.
Le film a été tourné en 1956-1957, et principalement dans l’île de Ceylan. L’action, tirée du roman de l’auteur français Pierre Boulle, est cependant située pas très loin de la frontière de la Thaïlande et de la Birmanie, pendant la Seconde Guerre mondiale. Sam Spiegel est le producteur du film, et les acteurs principaux sont David Lean, William Holden, Alec Guinness (inoubliable dans le rôle de l’officier britannique), Jack Hawkins, Sessue Hayakawa (le méchant de service), James Donald et Goeffrey Horne.
Avec l’aide de 35 éléphants et 500 ouvriers, il a fallu construire trois ponts pour le tournage: un pour l’acheminement du matériel cinématographique par dessus la rivière (dénommée Kwaï pour les besoins de la cause), un deuxième représentant le pont en cours de construction et servant de décor pour de nombreuses scènes du film, et un troisième servant uniquement à la fameuse scène de la destruction du pont, une scène filmée par six caméras et dont les bobines furent envoyées par six avions différents jusqu’à Londres où se faisait le développement des films, car, en cas de perte des bobines, il n’était nullement question de « refaire la prise » !
On notera que le chemin de fer n’est que très peu présent dans le film : l’amateur « ferrovipathe » passe la soirée à l’attendre. Il faut dire que l’on ne voit longuement un train que pendant les quelques minutes de la scène de la destruction du pont. Le film est d’abord un film d’action psychologique narrant une opposition entre des hommes au caractère particulièrement trempé. Quant au train, les amateurs du genre attendront…
Le contexte historique de l’aventure du pont de la rivière Kwaï.
Venons-en à l’histoire, la vraie. En 1940-1942, des envahisseurs déferlent sur le sud-est du continent asiatique: ce sont les Japonais. Engagés dans la Seconde Guerre mondiale par le pacte tripartite du 27 Septembre 1940, les Japonais veulent profiter de leur situation de belligérant victorieux pour réaliser un programme d’expansion dans le Pacifique et le Sud-Est asiatique. Le Japon a lié son destin à celui des puissances dites de l’ « Axe », à savoir l’Allemagne, l’Italie et le Japon. Cinq autres pays européens rejoindront ultérieurement ces trois pays : la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie et la Croatie. Supposant comme acquise la victoire de l’Allemagne et de l’Italie en Europe continentale, le Japon veut conquérir l’est de l’Asie et devient, de ce fait, un des adversaires des Alliés. Le Japon s’engage dans une guerre contre les Etats-Unis dans le Pacifique, après l’attaque surprise de la base américaine de Pearl Harbour, mais le Japon occupe aussi la Cochinchine en 1941. L’invasion de la Birmanie (1942), des Philippines, de la Malaisie et de Singapour donne au Japon autant de bases pour une conquête complète de l’Indonésie et la maîtrise des mers du Sud.
Mais, à partir de 1942, les Alliés commencent un combat qui mettra le Japon sur le chemin de la défaite à partir de 1943. C’est dans ce contexte que se situe l’action du film « Le pont de la rivière Kwaï » mettant en scène des prisonniers britanniques faits par le Japon qui leur impose des travaux forcés. Le Japon devra capituler en 1945 après la destriction de Hiroshima et de Nagasaki par recours à la bombe atomique.
Quant à la ligne de chemin de fer construite par les prisonniers britanniques, elle ne sera jamais achevée (voir la carte ci-dessous), mais elle atteindra et franchira la rivière Kwai dans les montagnes séparant la Birmanie de la Thaïlande. Le viaduc sur la Kwaï, celui du film, est un ouvrage en bois, comme en construisaient alors les troupes du génie avec les matériaux disponibles immédiatement. La construction de ce pont est le thème central du film. Mais le véritable pont est complètement différent !


Le réseau du royaume de Thaïlande.
L’aventure commence au Royaume dit de Siam en 1893 avec une ligne à voie normale très courte. Puis la grande ligne située au sud du pays, partant de la frontière malaisienne pour desservir Padang Besar, et raccordée donc au réseau malaisien en voie métrique, se trouve construite en 1918 dans cet écartement métrique qui s’imposera ensuite à l’ensemble du réseau thaï. La grande ligne du nord, reliant la capitale Bangkok à la ville de Chiengmai sur une distance de 736 km est achevée en 1926. Le réseau se constitue à partir de ces deux lignes sous la forme d’un grand nombre de petits embranchements, certains à caractère industriel seulement, mais reste formé de deux ensembles distincts se rejoignant à Bangkok, de part et d’autre de la rivière traversant la ville, la Chao Phraya. La construction d’un grand pont durant les années 30 mit fin à cette situation en assurant la continuité du réseau. Actuellement le réseau comprend environ 4000 km de lignes.
La partie nord du réseau est la plus accidentée et elle traverse de nombreuses rivières sur de grands ponts. La partie sud du réseau occupe la presqu’île de Malacca jusqu’à la Malaisie, et assure donc une relation directe avec Singapour. Le réseau est bien entretenu et les services sont de qualité. Le passage progressif à la traction diesel a été entrepris assez tôt, ceci dès la fin des années 1920. De nombreuses locomotives sont fournies par l’industrie française. Mais la traction vapeur est restée très active sur le réseau, et en 1945 un grand nombre de locomotives à vapeur des types 141 et 231 à tender séparé sont fournies par le Japon.
Le service voyageurs est étoffé et rapide, des vitesses moyennes de 60 à 70 km/h étant fréquentes, ce qui est exceptionnel pour un réseau en voie métrique. Les voitures sont confortables, et même sont équipées de l’air conditionné à une époque où bien des réseaux mondiaux l’ignorent encore. Notons que, tous les jours, circule le train « International Express » reliant Singapour à Bangkok, composé de voitures-lits de première et deuxième classe, et accessible à tous pour un prix normal. Le parcours de 1650 km, en voie métrique rappelons-le, est effectué en 40 heures. Mais depuis 1991 le réseau thaïlandais fait circuler un train de luxe entre Singapour et Bangkok par Butterworth et Kuala Lampour, le « Eastern & Oriental Express », et le voyage, somptueux, se fait à bord de voitures très luxueuses dignes des plus beaux trains internationaux européens de jadis.


La vrai pont de la vraie rivière Kwaï : en Thaïlande et pas à Ceylan.
Le vrai pont est situé près de Kanchanaburi, en Thaïlande, sur l’un des affluents de la rivière Mae Klong que sont le Kwaï Noi et le Kwaï Yai. Il est construit en quelques six mois, à partir d’octobre 1942, par 68.000 prisonniers de guerre et 200.000 travailleurs asiatiques. Il est sur le « Death railway » ou « chemin de fer de la mort », destiné à transporter tout ce dont avaient besoin les troupes japonaises stationnées à Rangoon, en Birmanie. Bas sur l’eau, construit d’une manière traditionnelle avec des piliers en béton et un tablier métallique récupéré et transporté en pièces détachées depuis Java, le pont ne ressemble en rien à celui du film, et n’a jamais été détruit de la manière présentée dans le film – sinon que très partiellement par une bombe américaine coupant une travée du pont. Les longrines sont de forme arrondie en « bow string » à l’origine : des longrines droites en trapèze ont remplacé les deux longrines de la travée détruite. La ligne de chemin de fer, longue de 415 km, est terminée le 17 octobre 1943, quand elle touche Konkuita en Thaïlande. La ligne aura coûté la vie de 96.000 hommes, dont 18.000 prisonniers de guerre.



La ligne est toujours en service sur sa partie achevée, et on peut la parcourir en train. On peut partir de Bangkok à 7h 35, passer par Kanchanaburi, et être sur le pont de la rivière Kwaï vers 11 heures, et revenir dans l’après-midi. De nombreux autres trains desservent la ligne en partie ou en totalité, et on peut notamment aller jusqu’à Nam Tok. En partant seulement de Kanchanaburi, on peut faire un petit voyage en train de quelques minutes jusqu’au pont et revenir.
Aujourd’hui, pas très loin du pont, on fait du « rafting » sur la rivière, des promenades en groupe dans la jungle, et même du golf (18 trous) … l’ambiance a donc changé depuis les années 1940. Un musée situé près du pont rappelle quand même le passé et les milliers de morts, et occupe les touristes qui viennent de faire plusieurs allers et retours sur le pont : il s’appelle le « JEATH Museum », du nom des initiales de tous les pays impliqués dans le drame : Japon, Angleterre (England), Amérique (pour les Etats-Unis), Australie, Thaïlande, et Hollande (pour les Pays-Bas). Il y a même un son et lumière, chaque année, à la fin du mois de novembre, en souvenir des dizaines de milliers de morts… morts pour un pont.

Un événement analogue déjà en 1938 ?
Ce qui est assez peu connu est un fait analogue qui s’est déroulé en 1938, avec ce que l’on a appelé la « route de Birmanie » reliant Rangoon à Kunming, au Yunnan.
Encore une fois les Japonais trempent dans l’histoire… Composée d’une liaison par voie ferrée et par route se complétant mutuellement selon le terrain, cette « route » était destinée à ravitailler la Chine nationaliste après le blocus naval de ses côtes par les Japonais. Sa partie routière, très montagneuse de Lashio à Kunming, fut achevée en 1939. L’occupation japonaise de la Birmanie, en 1942, réduit le tout à néant. Un « pont aérien » est mis en place, dans des conditions d’une grande dangerosité, entre la ville de Lado, en Assam, terminus de la voie ferrée en provenance de Calcutta, et Kunming. Les avions parviennent à transporter 75 000 t par mois.
En 1943, la construction d’une chaussée de remplacement joignant Ledo à Bhanao, sur l’ancien itinéraire, suit au plus près l’offensive menée par les armées chinoises et américaines commandées par le général Stilwell. Mais le premier convoi terrestre ne touchera Kunming qu’à la fin de janvier 1945, tellement les Japonais se battent avec détermination, réduisant à néant tous les efforts des alliés pour construire la route avec l’aide de dizaines de milliers de coolies. Combien de morts ?
Quelques vrais films ferroviaires à voir pour compenser la déception « Kwaï » ?
Voici, pour conclure cet article, quelques suggestions de films à repérer et à voir. Nous avons déjà publié sur ce site notre liste de films ferroviaires contenant plus de 750 films. Voici, pour ceux qui n’ont pas le courage de la parcourir, une sélection quelques films français marquants – à notre humble avis. Le nombre d’étoiles correspond à l’importance de la présence du chemin de fer et au sérieux avec lequel elle est traitée.
ADIEU LEONARD**
1943 – Film de Pierre Prévert, avec Pierre Brasseur, Julien Carette, Charles Trenet, Jacqueline Bouvier. Du matériel de l’Ouest (SNCF) proche de celui utilisé dans «La Bête humaine » de Jean Renoir.
BATAILLE DURAIL****
1946 – Film de René Clément, avec Jean Clarieux, Jean Daurand, Tony Laurent, Lucien Desagneaux, Robert Leray, Léon Pauléon, Jean Rauzena. Près de Chalon sur Saône, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, Résistance Fer et son action. Le déraillement du train militaire à la fin du film est très spectaculaire et effectué sans aucun truquage, le matériel étant sacrifié.
LA BETE HUMAINE****
1938 – Film de Jean Renoir, avec Jean Gabin, Simone Simon, Fernand Ledoux, Julien Carette, etc. Beaucoup de trains, de matériel roulant, de sites ferroviaires. Ligne de Paris au Havre à la veille de la Seconde Guerre mondiale avec le matériel ETAT en cours de marquage SNCF.
BORSALINO AND C° **
1974- Film de Jacques Deray, avec Pascal Jardin, Alain Delon, Catherine Rouvel. Avec la 231 K 8 du dépôt de Calais pour représenter une Pacific de l’époque du PLM.
CESAR ET ROSALIE**
1971 – Film de Claude Sautet, avec Romy Schneider, Yves Montand, Samy Frey, Umberto Orsini, Isabelle Huppert. Visite d’un dépôt par un ferrailleur, et présence de locomotives 141R.
LA COMEDIE DU TRAIN DES PIGNES***
1976 – Film de François de Chavanes, avec Philippe Léotard, Henri Pastorelli, P. Giovannini. Documentaire sur les chemins de fer de Provence menacé de disparition.
COMPARTIMENT TUEURS*
1965 – Film de Costa-Gavras, avec Simone Signoret, Yves Montand, Pierre Mondy, Catherine Allégret, Pascale Roberts, Claude Mann, Jacques Perrin, Michel Piccoli, Jean-Louis Trintignant, Charles Denner. Meurtre dans un compartiment couchettes du rapide Marseille – Paris.
DERNIER METRO**
1945 – Film de Maurice de Canonge, avec Gaby Morlay, Maurice Baquet. Une agression dans le métro et ambiance Sprague. (NB : ne pas confondre avec Le Dernier Métro tourné en 1980 par François Truffaut avec, notamment, Catherine Deneuve et Gérard Depardieu).
LE DESTIN DE JULIETTE *
1982 – Film d’Aime Issermann, avec Laure Duthilleul, Richard Bohringer. La vie des cheminots et de leurs épouses.
ELLE COURT, ELLE COURT LA BANLIEUE **
1973 – Film de Gérard Pirès, avec Marthe Keller, Jacques Higelin, Nathalie Courval, Victor Lanoux, Robert Castel, Ginette Leclerc, Annie Cordy, Miou-Miou, Coluche, Alice Sapritch, Claude Piéplu. Métros et RER d’Ile de France.
L’ETOILE DU NORD **
1982 – Film de Pierre Granier-Deferre, avec Simone Signoret, Philippe Noiret. Trains et gares et l’atmosphère de Georges Simenon.
GARGOUSSE **
1938 – Film de Henry Wulschleger, avec Suzanne Dehelly, Jeanne Fusier-Gir, Bach, Saturnin Fabre, Paul Ollivier, Milly Mathis, Sinoël. Un chef de gare lutte pour la survie de sa ligne. Le film a été tourné sur le réseau des Chemins de Fer de Provence : trains d’époque.
LE JOUET*
1976 – Film de Francis Weber, avec Pierre Richard, Michel Bouquet, Fabrice Greco, Jacques François, Susy Dyson, Charles Gérard, Gérard Jugnot, Michel Aumont. Un réseau « HO « est présent. NB. Il existe un remake tourné aux Etats-Unis en 1982 par Richard Donner, (The Toy), avec Richard Pryor et Jackie Gleason.
LE JOUR ET L’HEURE**
1962 – Film de René Clément, avec Simone Signoret, Stuart Whitman, Geneviève Page, Pierre Dux, Michel Piccoli. Pendant l’occupation, voyage en train d’une passeuse et d’un aviateur américain de Paris à Toulouse
KATIA**
1959 – Film de Robert Siodmak, avec Romy Schneider, Curd Jurgens, Pierre Blanchar, Michel Bouquet. Arrivée en train du Prince Impérial de Russie à la gare de la Porte Dauphine, sur la Petite Ceinture de Paris. (NB. Il s’agit du remake du film portant le même titre réalisé par Maurice Tourneur en 1938, avec Danielle Darrieux et John Loder).
LA LIBERTE EN CROUPE *
1970 – Film d’Edouard Molinaro, avec Bernard Le Coq, Juliette Villard, Maria Vauban, Michel Serrault, Jean Rochefort, Marion Game, Maurice Garrel, Dora Doll. Un autorail « Picasso » pour la dernière étape du voyage de deux amants.
LA MADONE DES SLEEPINGS*
1927 – Film de M. de Gastyne et M. Gleize, avec Claude France, Mary Serta, Michèle Verly, Olaf Fjord. A voir pour l’époque de tournage et une garantie d’authenticité pour le matériel ferroviaire vu.
MAMZ’ELLE NITOUCHE**
1931 – Film de Marc Allegret, avec Raimu, Alerme, Janie Marese, Edith Mera.
A la fin du film un départ en train, intéressant vu l’époque de tournage, avec en tête une «Crampton» portant des plaques du réseau de l’Etat. (NB. En 1953 Yves Allegret, fait le remake avec Fernandel, Pier Angeli, Jean Debucourt, Renée Devillers).
LE MEILLEUR DE LA VIE ***
1985 – Film de Renaud Victor, avec Sandrine Bonnaire, Jacques Bonnaffe, Marie-Christine Barrault, Jean-Michel Carton. La vie familiale et professionnelle d’un ambulant de la Poste.
MERCI LA VIE **
1991 – Film de Bertrand Blier, avec Charlotte Gainsbourg, Anouk Grinberg, Jean Carmet, Annie Girardot, Jean-Louis Trintignant, Catherine Jacob, Gérard Depardieu, Michel Blanc, Thierry Frémont. A voir pour l’autorail Renault «VH » sur la ligne Nîmes-Le Vigan, circulant entre Tournemire et l’Hospitalet en Larzac, et pour les gares de Lapanouse et Cernon.
UN MONSIEUR DE COMPAGNIE **
1964 – Film de Philippe de Broca, avec Jean-Pierre Cassel, Jean-Claude Brialy, Catherine Deneuve, Annie Girardot, Valérie Lagrange, Sandra Milo, Adolfo Celi, Marcel Dalio, André Luguet, Jean-Pierre Marielle. Un grand réseau « HO » dont le « Monsieur de compagnie » doit assurer l’exploitation sans fautes et dormir dans compartiment de wagon-lits animé et sonorisé.
LA NUIT EST MON ROYAUME **
1951 – Film de Georges Lacombe, avec Jean Gabin, Simone Valère, Gérard Oury, Suzanne Dehelly.
La réinsertion d’un ancien mécanicien de locomotive, devenu aveugle par un jet de purge de vapeur. Epoque de tournage intéressante avec une forte présence de locomotives à vapeur en service.
L’ORDRE ET LA SÉCURITÉ DU MONDE **
1978 – Film de Claude d’Anna, avec Bruno Cremer, Laure Deschanel, etc. Beaucoup de trains internationaux, de gares et de voyages en train contemporains à travers l’Europe.
UNE PARISIENNE *
1957 – Film de Michel Boisrond, avec Brigitte Bardot, Charles Boyer, Henri Vidal, Nadia Grey, André Luguet, Noèl Roquevert. A voir pour la visite officielle d’une famille royale à la station «Porte Dauphine » de la ligne de Petite Ceinture de Paris.
PRENDS LA ROUTE *
1936 – Film de Jean Boyer, avec Claude May, Colette Darfeuil, Jacques Pills, Georges Tabet. Un autorail Renault VH dans son « jus » tout neuf, à son époque.
RAPIDE DE NUIT*
1948 – Film de Marcel Blistene, avec Sophie Desmarets, Jane Marken, Roger Pigaut, Maurice Teynac, Jean Brochard. Le Havre-Paris en train avec des gangsters en fuite. L’époque de tournage est intéressante pour le matériel roulant.
LA ROUE ****
1923 – Film d’Abel Gance, avec Ivy Close, Severin-Mars, Gabrielle De Gravone, Georges Terof. Ce très beau film a inspiré le poème symphonique d’Arthur Honegger « Pacific 231 » et donne une vision lyrique du rail et des locomotives à vapeur.
LA ROUE****
1956 – Film de Maurice Delbez, avec Jean Servais, Pierre Mondy. Un film totalement différent du précédent et de grande valeur ferroviaire, souvent présenté comme un remake du premier, mais c’est tout autre chose. La locomotive vedette du deuxième film est la BB 9004 du record du monde et le matériel roulant est celui de la SNCF des années 1950, ce qui est très intéressant pour la valeur documentaire.
SOLO **
1969 – Film de Jean-Pierre Mocky, avec Jean-Pierre Mocky, Denis Le Guillou, Anne Deleuze. Plusieurs séquences dans une gare de marchandises parisienne, avec du matériel roulant encore ancien.
TENDRE POULET *
1977 – Film de Philippe de Broca, avec Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Georges Wilson. Un voyage en train de Paris à Honfleur.
LE TRAIN****
1964 – Film de John Frankenheimer, avec Burt Lancaster, Paul Scoffield, Jeanne Moreau, Michel Simon, Suzanne Flon. Un bon film ferroviaire, soigneusement tourné avec ce qui restait du matériel ancien vingt ans après. L’histoire réelle du train des tableaux confisqués dans les musées parisiens par les Allemands et qui ne parviendra jamais en Allemagne, grâce aux résistants qui se sacrifient pour l’Art. Déraillements, bombardements (y compris du triage de Trappes avec la cabine d’aiguillage factice !), sabotages se succèdent. Les amateurs pointus regretteront de voir furtivement la silhouette d’une 141R, échappée à la vigilance de Frankenheimer, locomotive apparue sur le réseau français après la guerre, mais c’est bien la seule inexactitude du film.
LE TRAIN*
1973 – Film de Pierre Granier-Deferre, Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider, Nike Arrighi, Régine, Franco Mazzieri, Maurice Biraud. Pendant l’exode de 1940, des hommes et des femmes fuient.
LE TRAIN DE 8H47**
1927 – Film de Georges Pallu, Max Lerel, Louis Moret, Londes, Hudot.
1934 – Film d’Henry Wulschleger, Bach, Fernandel, Charpin, Fernand Ledoux.
1952 – Film de Jack Pinoteau, Magali No, Darry Cowl.
Trois films inspirés par le roman de Courteline, et surtout pour le film de 1947.
TRAIN DE PLAISIR **
1935 – Film de Léo Joannon, avec Frédéric Duvalles, Germaine Roger, Marguerite Moreno, Saturnin Fabre, Pauline Carton, Jeanne Fusiergir, José Noguero, Oudart. Voyages en train vers le bord de la mer, on une Pacific du réseau de l’Etat au départ de la Gare Saint-Lazare.
TRANS-EUROP-EXPRESS *
1966 – Film d’Alain Robbe-Grillet, avec Jean-Louis Trintignant, Marie-France Pisier, Alain Robbe-Grillet.
Intrigues imaginaires dans le cadre d’un voyage en train entre Paris et Anvers. A moins pour revoir les belles voitures TEE inox type PBKA aujourd’hui disparues.
LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT*
1953 – Film de Jacques Tati, avec Jacques Tati. Au moins pour la célèbre scène dans la gare d’Evreux, où les voyageurs passent inutilement d’un quai à un autre, selon les ordres des haut-parleurs.
LA VOIE SANS RISQUE**
1933 – Film de Léon Poirier,avec Gina Manes, Daniel Mendaille, Camille Bert, Marcel Lutrand.
Espionnage et sabotage à Djibouti pendant la Première Guerre mondiale. Intéressant pour le lieu et l’époque.
LE VOYAGE À BIARRITZ**
1962 – Film de Gilles Grangier, avec Fernandel, Arletty, Rellys, Michel Galabru. Un chef de gare voit passer les trains sur la Riviera, et réalisera son rêve, aller à Biarritz avec son épouse. Des 141 R d’époque.
LE VOYAGE DU PÈRE**
1966 – Film de Denys de La Patellière, avec Fernandel, Lili Palmer, Laurent Terzieff, Madeleine Robinson, Michel Auclair, Etienne Bierry, Rosy Varte, Philippe Noiret. Voyage dans un autorail «Picasso ».
Quelques films ferroviaires d’ailleurs dans le monde.
Pendant que nous y sommes, voici, « pour faire bon poids » comme disent les marchandes de légumes, quelques films étrangers. Le cinéma mondial a toujours aimé le chemin de fer pour avoir aussi toujours situé, dans une gare, ses scènes les plus touchantes de rencontre et de séparation.
Les lois de l’hospitalité ***
Buster Keaton, 1923. Le film ferroviaire le plus drôle, le plus surréaliste, et pourtant peu connu.
Le cheval de fer *
John Ford, 1924. Le premier grand film de Ford, et l’épopée de la construction du Transcontinental. La reconstitution est exempte d’erreurs apparentes : le site de Promontory Point, il faut le dire, n’a pas changé et les deux locomotives préservées sont des répliques exactes.
Le mécano de la « General » ***
Buster Keaton, 1926. Un grand classique, et d’une grande qualité. Le film est exempt d’erreurs techniques, et l’action ferroviaire est soutenue.
The wrecker *
Geza von Bolvary, 1929. A voir pour un très intéressant déraillement anglais, avec du rare et abondant matériel roulant d’avant guerre, filmé avec 22 caméras, et dont les « rushes » ont été réutilisés un peu partout dans le cinéma anglais et mondial.
Train de luxe *
Howard Hawks, 1934. Un voyage tourné à l’époque, donc vrai jusque dans ses moindres détails, à bord du fameux « Twentieth Century Ltd » et en version vapeur.
Le train sifflera trois fois. **
Fred Zinneman, 1952, avec Gary Cooper, Grace Kelly. On est obliges de citer ce film, il passe, à tort, pour un incontournable du genre, vu qu’il y a un train. On l’attend beaucoup… On a le même problème avec Le pont de la rivière Kwaï…
La mort aux trousses. ***
Alfred Hitchcock , 1959, avec Cary Grant et Eva Marie Saint : à voir pour ce merveilleux voyage dans un Transcontinental américain sur un réseau américain encore à son apogée. Trains chromés aussi impeccables que la coiffure et le sourire de Cary, personnel noir stylé entourant de belles bondes : un « way of life » perdu pour une Amérique qui s’entasse aujourd’hui dans des avions.
L’express du colonel Van Ryan.
Mark Robson, 1965. Les scènes de guerre et de poursuite de trains dans l’Italie du Nord en guerre valent le déplacement.
Trains étroitement surveillés. **
Jiri Menzel, 1966. Un bon film ferroviaire, et l’on voit beaucoup de trains, dans un pays pourtant peu connu pour le genre : la Tchécoslovaquie.
L’empereur du Nord. *
Robert Aldrich, 1973. Un assez intéressant film pour une action ferroviaire soutenue dans de superbes paysages et sans inexactitudes techniques ou historiques.
Transamerica Express. ***
Arthur Hiller, 1976, avec Gene Wilder. A voir, pour une belle action ferroviaire très soutenue pendant la totalité de ce film avec une traversée de l’Amérique et un beau déraillement final dans la gare terminus de Chicago.
HUGO CABRET****
2011 – Etats-Unis, de Martin Scorcese, avec Asa Butterfield, Chloé Moretz, Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen. Un des plus merveilleux films ferroviaires de ces dernières années avec une action mouvementée située dans une surréaliste Gare du Nord, à Paris, en 1929. Le « film dans le film » est consacré à Mélies et intéressera aussi les cinéphiles purs et durs. C’est le bonheur pour tous.
LE CRIME DE L’ORIENT EXPRESS *** (Murder on the Orient Express)
2018 – Royaume-Uni et Etats-Unis, de Kenneth Branagh avec Kenneth Branagh · Daisy Ridley · Johnny Depp · Michelle Pfeiffer · Judi Dench. Un des voyageurs du célèbre train est assassiné. Hercule Poirot mène l’enquête, et la 241-A-65 Est, vigoureuse et puissante, qui a remorqué ce train à l’époque, est incontestablement la « star » du film.

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